Dossier sur la concertation en loisir
Journée des partenaires 2004
Comptes rendus des ateliers
Atelier : Accompagnement en loisir
Contexte
Pour un certain nombre de citoyens montréalais handicapés, l’accès aux loisirs passe par l’accompagnement. Pour 2004, les demandes au regard de ce programme totalisent 1,3 M$ alors que le budget n’est que de 301 532 $. La Direction du Développement social (DDS) de la Ville de Montréal a répondu positivement à la demande d’AlterGo en annonçant son intention de participer jusqu’à concurrence de 100 000 $ pour l’année 2004, ce montant étant proportionnel et conditionnel à une implication financière similaire ou supérieure des arrondissements.
Réflexion
Les participants reconnaissent au programme d’accompagnement un important volet: celui de l’intégration. Parce qu’entre autres, il facilite l’intégration sociale des jeunes, s’avère une solution au casse-tête annuel des parents quand vient le temps de planifier les vacances de leur enfant vivant avec une déficience et qu’il leur offre un répit, le programme est essentiel. Compte tenu de la difficulté de répondre à demande, la collaboration financière de la ville (78 417 $) et celle de la Direction du développement social (78 417 $) viennent permettre de combler une partie du manque. L’initiative de 17 arrondissements de collaborer en créant un programme d’accès au loisir indépendant de celui du gouvernement provincial est très positive. Cependant, il apparaît essentiel de sensibiliser les élus et les décideurs aux réalités des organismes de leur arrondissement. On sent poindre de l’espoir à l’horizon! Il serait important d’avoir un groupe de travail au sein des arrondissements qui ferait une représentation au niveau provincial au regard du programme d’accompagnement (Table de concertation, organismes et ville).
Atelier : Les communications - personnes handicapées/organismes/ville
Contexte
Pour agir sur le changement des mentalités en regard des personnes handicapées, quoi de plus significatif que d’être en lien avec ces personnes ou ces groupes afin de connaître leurs besoins et offrir les programmes et les activités accessibles pour cette clientèle.
Réflexion
Les demandes provenant des organismes pour personnes handicapées devraient être analysées à partir de critères issus de la concertation entre les organismes et la ville. Puisque les réalités des arrondissements diffèrent, les critères ne devraient pas être élaborés de façon globale, mais plutôt par arrondissement en tenant compte des particularités propres. Il est aussi essentiel de tenir compte des spécificités des organismes (ex. : volet international) et de sensibiliser les gens (formateurs, employés) aux besoins des personnes handicapées. Le partenariat permettrait un meilleur inventaire des besoins.
Les organismes aimeraient avoir plus de soutien de la part de la ville. Ils aimeraient être intégrés et perçus comme un organisme à part entière au même titre que les autres organismes partenaires. L’étape essentielle : uniformiser les tarifs, ne pas facturer plus à un organisme pour personnes handicapées en raison des ressources supplémentaires requises. Il serait aussi important d’uniformiser et d’unifier les procédures dans les arrondissements pour éviter qu’un organisme qui offre des services à des clients de plusieurs arrondissements ait à refaire la même procédure autant de fois. L’administration municipale devrait statuer à ce sujet et pourrait guides les organismes dans l’accès aux locaux, aux demandes financières...
On doit veiller à assurer une relève autant à la ville que dans les organismes. Des mécanismes doivent être implantés afin d’assurer le transfert de l’expertise et une continuité dans les dossiers, le tout en établissant des structures unifiantes.
Atelier : Accessibilité architecturale
Contexte
L’accessibilité architecturale, au même titre que l’accessibilité des programmes, des services et des communications, est une des conditions essentielles pour que les personnes ayant des limitations fonctionnelles puissent participer aux activités municipales.
Réflexion
Quand on initie un projet d’aménagement, il faudrait que soit stipulée, dans l’appel d’offre, une exigence en regard de la participation de professionnels ayant une certaine notoriété dans le domaine. Il est essentiel, lorsque l’on parle d’accessibilité architecturale, que les personnes handicapées – en tant qu’individu ou représentées par un organisme – soient impliquées dès le début du projet d’aménagement et par la suite à chacune des étapes. En ciblant adéquatement la clientèle et en lui permettant de participer, on augmente la réponse aux besoins. On doit viser à travailler AVEC la personne handicapée et non exclusivement POUR la personne handicapée.
Il devient donc essentiel de favoriser les rencontres, les consultations, les conférences afin de favoriser la circulation de l’information, idéalement partout ou, du moins, dans le plus d’endroits possibles afin d’établir les priorités et établir les plans d’intervention bâtiment.
On accorde une grande importance à l’accès aux bâtiments, mais il ne faut pas oublier plusieurs autres facteurs qui doivent être considérés : transport, débarcadère, déneigement. On doit aussi s’assurer d’avoir des enveloppes protégées pour poursuivre et maintenir les projets d’aménagement.
Atelier : Sensibilisation des élus municipaux et du personnel
Contexte
Ne dit-on pas que les préjugés naissent d’une mauvaise compréhension d’une situation? Au cours de la dernière année, deux activités ont eu pour résultat de mieux outiller les dispensateurs de services, le personnel ou encore le élus municipaux aux réalités des personnes handicapées : la formation dans les camps de jour et la sensibilisation des élus municipaux.
Réflexion
La façon la plus efficace de sensibiliser les élus à la réalité des personnes handicapées, c’est de leur permettre de les rencontrer et d’échanger. Il faut que les deux parties cessent de travailler en vase clos.
Les représentants d’arrondissement doivent s’assurer de connaître les associations de personnes handicapées et reconnaître leurs droits comme citoyens à part entière, utilisateurs de services. Le personnel, les décideurs et la population et ce, dès son tout jeune âge, doivent être sensibilisés à la réalité des personnes handicapées.
Les organismes, pour leur part, doivent se faire connaître (ex. : être présents dans les assemblées municipales), divulguer des informations en utilisant des moyens créatifs - journaux, dépliants - et inviter les représentants d’arrondissements à leurs événements. Ils doivent, dans un premier temps, identifier les obstacles (ex. : temps, communications, préjugés), les faire connaître, les démontrer, les faire vivre… pour qu’ensemble – ville/organismes - on puisse trouver et mettre en place des solutions pour les éliminer ou les réduire.

Allocution de Norbert Rodrigue
Merci Monsieur Morin, un Beauceron tout comme moi. Monsieur le Maire, Monique, distingués invités.
Je remercie l’équipe du Défi sportif et particulièrement Monique de m’avoir invité à vous adresser la parole ce matin. M’adresser à des aéropages tel que le vôtre représente des opportunités fondamentales pour moi, en raison du rôle que vous jouez au sein de votre communauté, particulièrement à l’égard de l’intégration sociale.
Permettez-moi de dire quelques mots sur les quatre grands dossiers que vous avez étudiés ce matin.
D’abord, l’accessibilité architecturale. J’en profite pour saluer Sophie, de la Société logique, qui était une des personnes ressources dans l’atelier tenu plus tôt aujourd’hui sur cette question. Tout le monde s’entend là-dessus, c’est important. On l’a dit souvent et on le répète : l’accessibilité ne sert pas que les personnes handicapées, elle sert toute la communauté : personnes âgées, parents avec jeunes enfants et j’en passe. C’est donc important de continuer à pousser ce dossier tous ensemble.
L’accompagnement en loisir. Au cours des 25 dernières années, l’Office a cherché à éliminer les différents obstacles à l’intégration par la participation à des actions intersectorielles, par la coordination d’actions concertées, par son rôle de vigie quant à l’application de certains programmes et mesures et, finalement, par sa contribution et sa participation à des événements spéciaux. Plusieurs gains ont été observés, mais trop souvent, ce n’est que par des initiatives et des interventions ponctuelles que l’Office a pu intervenir.
À titre d’exemple de notre rôle de vigie, rappelons les actions relatives au Programme d’accompagnement en loisir pour les personnes ayant une déficience. Depuis que l’Office des personnes handicapées du Québec a transféré le programme en 1997, celui-ci a connu de nombreuses modifications. Le programme modifié a permis que l’on desserve plus de personnes, mais en contrepartie, les personnes sont desservies moins longtemps. Cette situation a soulevé beaucoup de mécontentement ; par exemple, sur le fait que les personnes n’obtiennent qu’une aide partielle, qu’il y a une liste d’attente, que certains milieux demeurent hostiles à l’intégration, etc. En fait, même si le programme a fourni de l’aide à beaucoup plus de personnes, il n’a permis de répondre qu’au quart des besoins exprimés. L’Office est donc préoccupé par cette situation et demeure vigilant quant à l’application du programme.
Ainsi, il participe aux travaux d’un comité mis sur pied par le Secrétariat au loisir et au sport et auquel participent le milieu municipal et le milieu associatif en vue d’obtenir une hausse du financement du programme afin de répondre à l’ensemble de la demande exprimée et bonifier le programme en éliminant le contingentement de celui-ci.
Quelques chiffres, recueillies dans l’Enquête québécoise sur les limitations d’activités (EQLA), pour vous démontrer l’importance du loisir dans la vie des personnes handicapées.
Ces chiffres révèlent que globalement, 65 % de la population avec incapacité pratiquent des activités physiques durant les heures de loisir et plus de 72 % des personnes ayant une incapacité participent à d’autres types d’activités de loisirs (cinéma, concert, rencontre sociale, s’adonner à un passe-temps, etc.). D’autres données font ressortir que plus de 50 % de la population avec incapacité souhaitent augmenter sa pratique d’activités physiques alors qu’au niveau des autres activités de loisirs, près de 40 % des personnes espèrent augmenter leur participation. Il y a donc là matière à relever nos manches pour le futur.
Enfin, je réunirai dans une seule réflexion les questions de sensibilisation des élus et du personnel et les communications personnes handicapées-organismes-ville.
Cette question de la sensibilisation est au cœur de votre journée, comme l’indique le thème, « Contribuez à changer les mentalités ».
Vous savez, le débat est aux regroupements municipaux : on est fusionné, est-ce qu’on défusionne, on reste-tu ensemble à moitié ; les options sont nombreuses. Mais une chose est certaine. Une fusion des mentalités et des actions doit obligatoirement s’opérer si vous voulez avoir le pouvoir de changer les choses. Car dans la phrase « Table de concertation pour le loisir des personnes handicapées à Montréal », le mot « concertation » est assez important.
Tous les acteurs locaux devraient être partie prenante pour relever le défi de l’intégration des exclus. Cette notion de solidarité doit être vue comme une relation de réciprocité entre les communautés et leurs membres, relation qui fonctionne évidemment dans les deux sens : les membres d’une communauté doivent reconnaître l’existence de celle-ci et travailler à son mieux-être ; et la communauté a également une responsabilité à l’égard des parties qui la compose. Vous avez donc, ici, à Montréal, la chance de changer les choses.
Et c’est bien beau de se dire entre nous de se concerter et de s’entendre, mais encore faut-il trouver une oreille à notre discours et c’est là que j’en appelle aux décideurs présents dans la salle. L’intégration sociale passe souvent par le travail, l’école ou le transport, mais ne sous-estimez jamais la culture, le sport et le loisir comme moyen d’intégration sociale. Je vous invite à être sensible et attentif au discours présent et futur de mes amis dans la salle.
Rome ne s’est pas bâtie en un jour et j’ai décidé, il a déjà plusieurs années, de ne pas mourir d’impatience. Je travaille au développement social du Québec depuis quelques décennies et je suis prêt à en faire quelques autres pour nous aider à devenir meilleurs et plus grands, au plan collectif.
Suite à mon allocution, vous aurez la chance d’aller faire un tour sur les sites de compétition et constater par vous-mêmes l’importance des quelques notions que je viens de vous livrer. Ces jeunes sauront vous convaincre davantage que moi, j’en suis convaincu. Je vous remercie.

Allocution de Michel Prescott, vice-président du comité exécutif de la Ville de Montréal et responsable des sports et des loisirs
- M. Sylvain Gamache, président d’AlterGo
- M. Norbert Rodrigue, pdg de l’Office des personnes handicapées du Québec (OPHQ)
- Chers collègues
- Chers partenaires
- Mesdames et messieurs,
Quel plaisir d’être parmi vous aujourd’hui. Je salue cette journée spéciale organisée par la Table de concertation pour le loisir des personnes handicapées à Montréal. Quel dynamisme ! Une initiative comme cette journée des partenaires est une belle opportunité d’échange et de partage, et je trouve important que vous puissiez maintenir cette tradition. C’est également digne de mention de voir ici réuni autour d’une préoccupation commune, un groupe d’intervenants en provenance de différents milieux et de l’ensemble du territoire de l’île de Montréal.
Comme représentant de l’Administration municipale et responsable des sports et des loisirs au comité exécutif de la Ville de Montréal, je crois qu’il est important d’assurer l’équité dans l’offre de services offerte aux citoyens ainsi que l’accessibilité à l’ensemble des équipements et ce, sur l’ensemble du territoire de l’île de Montréal. Je soutiens également l’importance de reconnaître les personnes qui vivent malheureusement avec des déficiences ou des limitations comme citoyennes et citoyens à part entière ; elles sont en droit d’être traitées équitablement malgré des besoins qui parfois, peuvent être différents.
Lors du Sommet de Montréal, l’ensemble des participants a reconnu l’importance d’intégrer les personnes handicapées dans tous les chantiers découlant de celui-ci. La Ville de Montréal a bien compris l’importance de ce fait et c’est sans aucune réserve qu’elle a accueilli cette recommandation.
Aujourd’hui, c’est un double plaisir de m’adresser à vous, car madame Louise O’Sullivan, également membre du Comité exécutif et responsable du développement social, qui ne peut malheureusement pas être avec nous, m’a demandé de vous faire une annonce très importante.
C’est donc avec joie que je vous informe que la Ville de Montréal a accepté d’investir la somme importante de 279 000 $ dans la promotion et la mise en œuvre de ce qui est convenu d’appeler « l’accessibilité universelle », soit une augmentation de 179 000 $ comparativement au soutien accordé en 2003.
J’aimerais rappeler qu’un premier budget de démarrage avait été alloué en 2003 pour la réalisation de microprojets touchant quatre axes, soit :
- l’accessibilité architecturale
- l’accessibilité des programmes et services
- l’accessibilité des communications
- la formation au concept de l’accessibilité universelle ainsi qu’aux besoins des personnes handicapées et à mobilité réduite
La Direction de la sécurité du revenu et du développement social a coordonné ces projets en très étroite collaboration avec le milieu associatif des personnes handicapées et à mobilité réduite, ainsi qu’avec les arrondissements et les services corporatifs concernés par les projets. Les résultats obtenus ont été probants, concrets et porteurs d’avenir.
C’est donc avec fierté qu’en 2004, la Ville de Montréal s’associe à nouveau avec le milieu, afin de rendre Montréal de plus en plus accessible aux personnes handicapées et à mobilité réduite. Une quinzaine de projets seront ainsi mis en marche, toujours selon les quatre axes privilégiés. Soulignons que plusieurs de ces activités solliciteront directement les arrondissements, de leur phase de planification jusqu’à leur évaluation.
Avant de terminer, j’aimerais féliciter l’organisme AlterGo, ainsi que son président M. Sylvain Gamache, pour l’excellent travail réalisé au fil des années. Je trouve remarquable votre contribution à la communauté montréalaise et vos efforts déployés pour faciliter l’intégration sociale et le plein accès au loisir des personnes vivant avec une déficience
Je veux également souligner la notoriété remarquable atteinte au fil des années par le Défi sportif des athlètes handicapées. Avec pas moins de 21 éditions à votre crédit, je pense que vous êtes un bel exemple de détermination, d’organisation et de dynamisme. Je félicite toutes les personnes qui y travaillent, et je me permets une mention toute spéciale aux centaines de bénévoles qui y mettent tout leur coeur.
Mes félicitations également aux arrondissements de l’ensemble de l’île de Montréal qui démontrent une grande ouverture et une volonté de travailler ensemble pour faciliter l’accessibilité au loisir des personnes handicapées. Je souhaite longue vie à cette table de concertation dont vous êtes les maîtres d’œuvre.
Merci à tous et à toutes

Manchettes reliées à la journée des partenaires
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