Dossier sur la concertation en loisir
Journée de réflexion 2003
Le 16 janvier dernier se tenait, à la Maison du Brasseur à Lachine, une journée de réflexion sur la concertation en loisir. Plus de 70 personnes du milieu des organismes de loisir des personnes handicapées et du milieu des services de loisir municipaux ont participé à cet événement, qui avait pour objectif d'échanger sur les nouvelles façons de faire dans le contexte de la nouvelle ville de Montréal.

Allocution d'Alex Polevoy
Directeur du Service - Culture, sports, loisir et développement social de l'arrondissement de Lachine
Représentantes et représentants des organismes de loisir des personnes handicapées, des arrondissements et de la Ville de Montréal, partenaires et membres d'Altergo, Mesdames et Messieurs.
Bonjour et bienvenue à Lachine.
C'est avec plaisir et fierté que nous vous accueillons aujourd'hui à Lachine pour cette importante journée de réflexion sur l'avenir de la concertation pour le loisir des personnes handicapées à Montréal.
La nouvelle Ville de Montréal constitue pour nous tous un nouveau défi, et j'espère et je suis persuadé, que ce nouveau défi des plus stimulants, nous permettra d'envisager et de développer de nouveaux modes de concertation entre les intervenants de la Ville et les organismes préoccupés par les personnes handicapées.
Au cours des dernières 25 années, la concertation en loisir entre les organismes pour les personnes handicapées et les villes de l'ouest de l'île aura permis d'offrir avec l'aide entre autres de l'Association de l'ouest de l'île pour les personnes handicapées et la Corporation l'Espoir du déficient, une multitude de programmes accessibles pour les personnes handicapées de l'Ouest de l'île.
Plus près de nous sur le plan local, cette même concertation aura permis, grâce à l'importante collaboration du Club des personnes handicapées du Lac St-Louis à l'ex-ville de Lachine de se doter d'une infrastructure et d'une programmation de loisir accessibles et adaptées aux besoins des personnes handicapées et ainsi contribuer à améliorer la qualité de vie et le mieux-être collectif de la communauté et plus particulièrement des personnes handicapées.
Cette concertation ne s'est pas faite à sens unique. Elle aura aussi permis aux personnes non handicapées d'avoir eux aussi accès à des activités inexistantes auparavant.
Par exemple : en 1985, dans le but de démontrer à la communauté lachinoise le savoir-faire des personnes handicapées, le Club des personnes handicapées du Lac St-Louis, de concert avec l'ex-municipalité de Lachine, décide de présenter dans le cadre des Fêtes de Lachine, un défilé. À l'époque, le défilé était composé de quelques corps de clairons et de véhicules automobiles. Depuis, le défilé regroupe plus de 20 corps de clairons, 20 chars allégoriques, 80 mascottes et une centaine d'éléments divers. Il représente aujourd'hui le plus gros défilé réalisé annuellement au Québec. Fait intéressant à mentionner, le comité organisateur ainsi que le personnel bénévole sont composés de personnes handicapées et non handicapées. On retrouve des personnes handicapées dans le défilé, à la coordination, aux barricades, à l'accueil, etc.
La concertation, c'est donc gagnant/gagnant.
Les efforts de cette concertation ont été reconnus par l'Association québécoise de loisir pour personnes handicapées qui décernait en 1985 à l'ex-ville de Lachine, son prix aux municipalités pour les efforts à rendre accessibles les équipements et les programmes de loisirs aux personnes handicapées.
Cette expérience acquise au cours des 25 dernières années par les ex-villes de banlieue, l'ancienne Ville de Montréal et les organismes pour personnes handicapées permettra j'en suis sûr de tracer de nouvelles façons de faire garantes de l'avenir.
Votre participation aujourd'hui et dans le futur et votre expérience sont essentielles pour faire avancer le dossier du loisir des personnes handicapées.
La journée d'aujourd'hui représente donc un temps privilégié pour explorer de nouvelles avenues qui nous permettront de desservir les personnes handicapées au même titre que tous les autres citoyens qui composent notre nouvelle ville. C'est un temps pour se concerter entre intervenants afin de se donner des moyens concrets pour définir les nouveaux modes de concertation à développer.
Sur ce, je vous laisse maintenant travailler dans ce décor enchanteur et propice à la réflexion que représente notre magnifique plan d'eau : le lac Saint-Louis et encore une fois, bienvenue à Lachine et bonne journée de réflexion.

Témoignage de Linda Roy
Directrice du service des sports, des loisirs et du développement social et de la culture de l’arrondissement Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles-Montréal-Est & porteuse du dossier des personnes handicapées pour la Ville de Montréal depuis 6 ans.
« Se concerter et s’associer à des partenaires; une formule gagnante qui a fait ses preuves et mon expérience personnelle. »
Présentation
Six ans à coordonner en collaboration avec la directrice d’AlterGo la table de concertation pour le loisir des personnes handicapées mise sur pied il y a presque 25 ans avec la ville et les représentants du milieu des personnes handicapées et partenaires de la ville .
Les motifs de ce mandat :
- un rapprochement
- la volonté d’agir ensemble pour les mêmes objectifs
Ce que ça a permis :
- accroître notre capacité d’agir et de faire changer les situations
- tirer profit de nos possibilités plutôt que de demeurer confrontés à des limites propres à nos organisations
Rôles et mandats d’une table de concertation
- permettre la circulation de l’information, diffuser, recevoir
- lieux privilégiés d’échanges, de meilleures pratiques et partage de connaissances pour assurer une analyse plus juste de la réalité
- assurer l’arrimage entre les divers partenaires
- rôle éducatif et formateur permettant de découvrir et comprendre
- effectuer des représentations pour des suites à donner, des recommandations à émettre
- rôle de vigilance
- promotion d’initiatives et expériences
- élaboration de projets structurants et n’ayant pas pu se réaliser si « seul à bord »
La concertation, c’était pour moi :
- un lieu privilégié pour connaître les besoins et bien les comprendre et apporter mon soutien aux régions et aux services centraux
- une assurance de faire une bonne analyse sans un trop gros risque de marge d’erreurs puisque j’étais en contact direct; le diagnostic était concerté
- un mécanisme de consultation efficace, à proximité des besoins et aussi des ressources
- un interlocuteur pour les organismes pour à la rencontre des représentants de la ville
- une occasion de pouvoir changer les mythes et perceptions associés aux employés municipaux et d’aller au-delà des préjugés
- bâtir des liens de confiance et d’interdépendance, faire ensemble les choses et non pas faire des choses ensemble
- un endroit pour développer des partenariat durables et porteurs de projet
Conclusion
Par que la concertation on vise l’amplification des possibilités. Cela signifie de mettre de côté ou plutôt de s’ouvrir à la différence dans le rôle et les responsabilités de chacun, soit ville versus OSBL.
Ça sous-tend une mentalité de coopération mutuelle et de partage d’expertise et de complémentarité d’action et cela constitue un levier majeur pour le développement des services que l’on souhaite.
Le partenariat réalisé en concertation et les alliances sont des moyens puissants pour appuyer le changement et donc avec le contexte de la fusion bâtir une nouvelle organisation avec une mécanique renouvelée, ce qui est souvent opportun.
Deux citations sur la concertation :
« Reconnaître à la communauté locale un rôle de premier plan en matière de loisir public, cela signifie que la communauté locale coordonne l’action des diverses structures et institutions de services aux mêmes clientèles d’un même milieu de vie, en créant et animant des formules de concertation adaptées et efficaces.»
Extrait : Loisir, communauté locale et qualité de vie, une politique du loisir au Québec, AQLM, 2000
« L’adoption de l’offre de service comme mode d’approche du citoyen signifie que le service public en loisir repère les talents et les leaders ainsi que les groupes formels et informels dynamiques en vue de les associer à la vie communautaire et à l’offre de service en loisir ».
Extrait : Le loisir dans les nouvelles villes du Québec, Les clientèles particulières en loisir dans un contexte de fusion municipale, AQLM, août 2002

Témoignage de Linda Tweddell
directrice de la table de concertation de loisir à Québec
Un point essentiel pour la concertation : le besoin de partager les mêmes objectifs, les mêmes principes.
« J’ai accepté l’invitation pour des raisons personnelles : d’habitude, je laisse d’autres parler car je suis plutôt une « fille de terrain ». Merci à Monique Lefebvre de m’avoir invitée mais je dois dire que trois minutes pour parler de la concertation, ce n’est pas suffisant ! »
La concertation à Québec
Pour la capitale nationale, les mécanismes de concertation ont été primordiaux et les avancements n’auraient pas eu lieu sans elle.
Les arrondissements sont les premiers acteurs en ce qui a trait à la gestion du loisir et ils constituent la cible de notre clientèle. Les loisirs se font avec eux, dans un contexte de partage et d’échanges (locaux, espaces...) Référez-vous à la dernière parution de l’AQLM qui traite des clientèles à besoins spécifiques pour avoir une bonne référence au sens « philosophique » du terme.
Je suis d’accord avec tout ce qui a été précédemment dit sur la concertation mais je vois un point essentiel à la concertation, soit le besoin de partager les mêmes objectifs, les mêmes principes.
Suite à la fusion de la ville de Québec, en 2001, il a fallut s’assurer que les objectifs des arrondissements et des organismes étaient les mêmes (notons que ce sont les organismes qui doivent aller vers les arrondissements car ces derniers ont trop de préoccupations administratives pour être disponibles d’eux-mêmes).
La décision de poursuivre la concertation en l’élargissant et en répondant à des nouveaux besoins a été prise.
Les principes de la concertation qui s’est mise en place à Québec
- Un des premiers principes : ne jamais s’éloigner de la prestation de services (un membre de la table doit offrir une programmation régulière)
- Les organismes partenaires de la ville comme les CLSC, les institutions, doivent être interpellés
- S’assurer de l’équité des services : depuis 25 ans, un des objectifs de la table est de s’assurer d’une équité dans chaque arrondissement.
- La table doit représenter les personnes handicapées
Les résultats des travaux de la table, qui a toujours donné ses commentaires sur les programmes (accessibilité physique, immobilisation...)
- Obtention de l’intégration des enfants handicapés dans les camps de jour et que la ville assume ce programme (programme d’intégration aux activités régulières de camp de jour)
- Intégration à l’année longue sur les terrains de jeux
La fusion a ramené des questionnements sur des programmes comme celui de l’intégration sur les terrains de jeux, mis en place avant la fusion : comment s’harmoniser si un arrondissement offre un service et pas un autre ?
Les actions qui ont été prises : constituer un groupe de travail faisant de la représentation, géré par les arrondissements et pour lequel les directives sont données par le Central. Il existe un partage des ressources, des principes liés à la concertation.
Pour finir, je vous dirais que mon souhait pour Montréal est que les 27 arrondissements prendront une directive ou une orientation spécifique sur des programmes.
Bravo pour votre travail et bonne réflexion; espérons que les enfants handicapés pourront aller sur les terrains de jeux à Montréal aussi!

Témoignage de Serge Lamontagne
directeur du service des sports, des loisirs et du développement social et de la culture de l’arrondissement Saint-Laurent
« La concertation : un contaminant positif »
« Je suis ici aujourd’hui pour mes 10 années d’expérience à Pointe-Claire sur la table de concertation de l’Ouest. Je dois vous dire avant tout que je suis un gars de terrain. »
Du côté de la table de concertation
Pourquoi la table de l’Ouest est-elle si distinctive ?
1. Distinction d’abord à faire entre partenariat, prestation de services et concertation
- Depuis 1980, des organismes ayant des prestations de services étaient présents dans plusieurs municipalités
- En 1990, la table de concertation de l’Ouest a vu le jour. Les relations entre ces organismes ayant des prestations de services et les arrondissements doivent perdurer et être bonifiées.
2. COLI (Comité d’Orientation pour le Loisir Intégré)
- C’est un partenariat évolutif : En 1990, c’était une table de directeurs cherchant à regarder en orientation, comment développer sur un territoire. Puis la concertation s’est associée avec le terme « contaminant » : ces dernières années, les directeurs adjoints et les organismes se sont ajoutés à la table. Les réflexions se sont articulées autour d’une recherche commune de solutions à des problématiques spécifiques vécues.
En conclusion, la table évolue et permet d’aller plus loin (cf les avancements du dossier intégration, l’accompagnement dans les camps de jours).
« Les petits succès sont les meilleurs et ils ne doivent pas l’être juste sur le papier mais dans l’action ». La table de concertation doit répondre aux besoins en évoluant dans le temps.
Du côté de la municipalité
Comme fonctionnaire, il faut prendre le dossier avec « délinquance » et non pas « by the book »; il faut avoir un préjugé positif.
La prestation de services est sur le terrain. Elle se fait entre les gens qui travaillent ensemble : citons l’exemple du WIHA, dirigé par Nathalie Chapman, qui avait besoin d’un espace pour ses activités et à qui on a prêté une aréna : la clientèle de l’organisme est devenue fan d’une équipe qui jouait avant leur période d’activités.
C’est la responsabilité, comme arrondissement, de se concerter ensemble; les personnes aveugles ne sont pas toute à Pointe-Claire !
Pour finir, je citerai André Thibault : « Si la concertation aboutit à un colloque, un petit bouquin, c’est qu’elle ne va pas assez loin ».
Le travail fait par le COLI a généré des effets positifs sur l’offre de services; entre arrondissements il faut travailler ensemble à la concertation.

Témoignage d’Aline Ostrowski
ex-directrice des Loisirs Soleil
« La concertation : savoir conjuger le verbe partenarier »
C’est avant tout à titre de partenaire que je suis là aujourd’hui; partenaire avec le milieu du loisir des personnes handicapées, ayant été la représentante des Loisirs Soleil, une organisation de loisir pour jeunes handicapés, à la table de concertation d’AlterGo pendant plusieurs années et partenaire avec la Ville de Montréal, avec qui j’ai travaillé en étroite collaboration toute la durée de mon mandat. J’aimerais aujourd’hui vous communiquer l’envie de bien travailler en partenariat vers un objectif qui nous tient tous à coeur aujourd’hui, soit l’amélioration de l’accessibilité et de la qualité des services de loisir des personnes handicapées.
Présentation des Loisirs Soleil
- 27 ans d’existence, toujours lié dans son histoire à la Ville de Montréal avec laquelle l’organisme demeure partenaire
- Destiné à des jeunes handicapés physiques (6-17 ans )
- Situé dans arrondissement Villeray-St-michel-Parc-Extension
- Dessert tous les arrondissements de la nouvelle Ville de Montréal (étant le seul de cette forme destiné à cette clientèle)
En 1997, le CA décide d’intégrer table de concertation pour créer de nouveaux contacts avec le milieu des personnes handicapées et élargir les possibilités d’action (projets, levées de fonds...).
La table de concertation, c’est...
- Un enrichissement, pour les gens qu’on y côtoient
- Une stimulation : on rencontre des responsables d ‘organisations travaillant d’arrache-pied et donnant le meilleur d’eux-mêmes
- Une possibilité d’élargissement des connaissances du milieu, de ses enjeux
- Un moyen de prendre part à des actions ayant des répercussions importantes et positives
- Personnellement, la table a été un bel apprentissage du travail de partenariat et m’a permis de voir comment, en partant de suggestions faites dans une salle de réunion des vendredis matins des dernières années, entre 150 idées et un café, on est capable de mettre sur pied des projets créatifs et des services nécessaires, à la condition de savoir conjuguer le verbe « PARTENARIER »
Les Loisirs Soleil ont partenarié :
- Avec le Centre Communautaire Radisson pour créer et développer un service destiné aux jeunes adultes handicapés physiques et multihandicapés afin de combler le « trou » existant entre les activités offertes aux jeunes et celles destinées aux adultes.
Mise en commun des ressources, de l’expertise et de la motivation.
Résultat : mise sur pied service le samedi et l’été accueillant une vingtaine de jeunes adultes
- Avec la Ville de Montréal, Altergo, Sport et Loisir de l’île de Montréal, les écoles du milieu régulier pour mettre sur pied à deux reprises un service pendant la semaine de relâche scolaire
- Avec actuellement le milieu hospitalier (Centre de réadaptation Marie-Enfant de l’hôpital Ste-Justine)
- Avec plusieurs arrondissements de la ville qui ont répondu à une demande financière pour soutenir l’organisme dans la desserte de jeunes provenant de lieux de vie différents dans Montréal
- Avec plus spécifiquement un arrondissement, RDP-PAT-MTL Est, dans lequel a eu lieu l’été dernier un camp de jour d’une durée de 8 semaines, accueillant 15 jeunes de différents types de handicaps par semaine dans une école adaptée. Ce projet, comblant une partie des besoins géographiques de services de loisir pour les jeunes handicapés, a permis aux Loisirs Soleil d’offrir des services « locaux » à une partie de sa clientèle estivale, désengorgeant ainsi son camp de jour régulier et permettant d’accorder un nombre plus grand de semaines à un plus de jeunes
Sans le soutien de l’équipe d’Altergo, sans la motivation, les idées et les actions des membres de la table, sans le travail de partenariat avec la Ville de Montréal, sans les apports financiers extérieurs, souvent référés par les personnes précédemment citées, aucun de ces projets n’aurait pu voir le jour.
Pour finir, je voudrais vous souhaiter pour 2003 et pour toutes les autres années, de conjuguer le verbe « partenarier » le mieux que vous pourrez, au présent et au futur de toutes les années à venir.

Le portrait de la structure de la nouvelle ville : responsabilités, pouvoirs et rôles des arrondissements et des services corporatifs
Présentation par Linda Roy
Rappelons deux choses :
- La réalité fait que tous les sourds ne sont pas à Dorval ou que toutes les personnes déficientes intellectuelles ne sont pas dans Villeray
- Il existe au sein de l’environnement interne un travail en cours de « déportage » des responsabilités et de questionnement sur la façon dont les services municipaux vont travailler ensemble
Les responsabilités des arrondissements
Le pouvoir local des arrondissements :
- Ils gèrent les budgets
- Ils attribuent les octrois financiers
- Ils choisissent les partenaires
- Ils ont le pouvoir de tarification
- Ils appliquent la politique du développement social (donnée à valider avant de mettre sur site)
Les responsabilités des services corporatifs :
- Diagnostiquent la situation avec du recul
- Sont les interlocuteurs avec les différents paliers de gouvernements
- Fixent les grands principes de travail
- Définissent les normes minimales de soutien
- Responsables de la politique sur l’accessibilité universelle
Conclusion
Les deux niveaux d’intervention sont importants et l’exécution de leurs fonctions devra se faire en « concertation » entre les arrondissements et les services corporatifs, avec une mise en commun des expertises.
La table des 27 arrondissements actuellement en place a comme mandat de définir les besoins de concertation et de réseautage.

Le portrait des organisations de loisir pour les personnes handicapées à Montréal
Présentation par Aline Ostrowski, agente de recherche pour AlterGo, janvier 2003
1. Contexte de la recherche
Cueillette des données
Les données présentées ont été recueillies auprès de 54 organisations offrant des services de loisirs et de sports à des personnes handicapées sur le territoire de la nouvelle Ville de Montréal. Pour la plupart, elles sont membres d’AlterGo.
L’étude ne se veut aucunement exhaustive et l’objectif recherché était de dresser un premier portrait des organisations de loisir à Montréal.
Concernant le rayonnement des services selon les 27 nouveaux arrondissements, nous avons demandé aux personnes sondées de répondre au mieux de leurs connaissances.
2. Situation géographique des organisations en fonction de leurs sièges sociaux
Présentation du document remis aux participants
3. Répartition de l’offre de service
Présentation du document remis aux participants.
Le constat effectué : la densité du rayonnement de l’offre des services est comme « un vent qui souffle d’est en Ouest ». Les organismes de l’est, les plus nombreux quant au nombre d’organisation y ayant leurs sièges sociaux, ont tendance à desservir tous les arrondissements. Si on se décale vers le Centre et l’ouest, la tendance s’affaiblit, en même temps que le nombre d’organismes ayant leurs sièges sociaux dans ces deux régions.
4. Représentation visuelle des données (carte)
Illustration visuelle du constat fait précédemment
5. Les organisations en partenariat avec les arrondissements
Présentation du tableau des partenariat des organismes avec les arrondissements de la Ville de Montréal
Glossaire :
- « Organisme subventionné » : organisme ayant une entente de partenariat avec la Ville de Montréal et qui reçoit une somme d’argent annuellement (les organismes bénéficiant uniquement de prêts de locaux n’ont pas été inventoriés
- « Organisme d’un autre arrondissement » : organisme dont le siège social se situe dans un autre arrondissement que celui qui le subventionne
6. Tableaux
Voir les tableaux

Les enjeux et les attentes dans le nouveau contexte
Compilation des données récoltées lors de; la plénière faisant suite au travail de réflexion en équipe sur les besoins et les attentes des partenaires à l’égard de la concertation
Les « incontournables de la concertation »
1. La qualité de la communication et de l’information entre organismes, entre arrondissements et entre les arrondissements et les organismes
- Meilleurs liens de communications unifiés dans les services des villes
- Que les règles du jeu pour l’obtention de services ou de soutien dans les arrondissements et aux services corporatifs soient connues et simplifiées
- Une plus grande souplesse administrative des arrondissements
- Identifier des portes d’entrée dans chaque arrondissement
- Sensibiliser les élus
- Faire tomber les frontières pour ne pas entretenir d’irritants (complémentarité des clientèles et des logistiques)
2. Une politique globale sur l’ensemble du territoire (bonifier le cadre de référence existant, l’ajuster pour l’ensemble du territoire)
- - Cohérence dans l’offre des services entre arrondissements : une politique commune serait idéale
- Les arrondissements devraient harmoniser l’information
- Maintien et bonification des acquis
3. Une harmonisation des services et des normes minimales de soutien des arrondissements et une action concertée
- - Mise en commun des ressources entre organismes, entre arrondissements et entre ces deux acteurs
- Une politique de reconnaissance à grandeur de la Ville
- Changer l’intitulé « champ d’harmonisation » pour « identifier les champs d’harmonisation dans la prestation de services»
- Champ d’harmonisation des services pour les besoins des personnes handicapées
- Harmonisation des services
4. Une équité dans l’accès aux services et aux soutiens offerts
- Que les organismes connaissent les règles et les politiques de soutien des arrondissements accessibles aux organismes
- Règles communes pour obtention des services et du soutien financier
- Équité dans les subventions et services
- Identification des mesures adaptées
5. La proximité des services
- Les municipalités devraient soutenir financièrement l’accès aux services comme le font les gouvernements avec le programme d’accompagnement en Loisirs
- Que les organismes soient soutenus par les arrondissements (La volonté de le faire doit rester)
- Maintien et bonification des acquis et de la proximité des services (pas souhaitable qu’un organisme desserve tout l’ensemble du territoire de la ville)
6. Accessibilité universelle
- Une meilleure reconnaissance de l’expertise du milieu des personnes handicapées au niveau du soutien du cadre architectural
- Respecter les lois mises en place
7. Les besoins des personnes handicapées elles-mêmes
- Effectuer une distinction dans les besoins et attentes entre les besoins des personnes handicapées et ceux des organismes : les besoins des personnes handicapées comme l’accessibilité universelle, la reconnaissance des spécificités de chacun, sont des droits acquis
- Tenir compte de l a spécificité de certains handicaps
8. La formation
- Une meilleure formation du personnel des arrondissements pour un plus grand confort face à la clientèle
- Mise en commun de l’expertise pour se faire
Des hypothèses de mécanismes de concertation
Les différents modèles proposés
1. Deux tables et une unité centrale
- Garder les 2 tables existantes et y ré-intégrer un représentant ville; un mécanisme d’échange entre les deux tables
- Une unité centrale regroupant des personnes influentes au niveau politique et des employés municipaux
2. Trois tables représentatives des territoires desservis et une table métropolitaine
- Les 3 tables : à réaménager, pas nécessairement divisées « Est-Centre-Ouest » : regarder comment se traduit la répartition géographique des organismes et y ajouter des citoyens
- La table métropolitaine : possédant des objectifs à vocation métropolitaine (CRADI...) et intégrant des représentants des 3 tables (des arrondissements, des services corporatifs des organismes et intégrant des élus)
3. Une table « centrale », métropolitaine de loisir pour les personnes handicapées, intégrant des représentants municipaux et des organismes
4. Trois ou quatre tables, mieux « balancées », sans nécessairement une répartition « Est-Centre-Ouest » et une table métropolitaine
- Sur les 3 tables : un représentant municipal et un représentant d’organisme par arrondissement
- Sur la table métropolitaine : des organismes à caractère métropolitain, des directeurs d’arrondissements et des représentants d’associations
5. Une grande table et le maintien des 2 tables existantes
- La grande table : représentant s de l’unité centrale et d’organismes
- Les 2 tables : s’élargiraient et intégreraient les secteurs absents actuellement; les 27 arrondissements seraient représentés sous forme de secteurs
6. Trois tables : Est-Centre-Ouest, « redevables aux membres » au niveau de l’information
- 1 réunion aux 6-8 semaines
- 1 comité élargi aux trois mois
Les actions qui devront être prises et les conditions qui devront être respectées par la ou les futures tables de concertation
- Créer un guide ou un répertoire global qui pourrait être accessible par tous dans chaque arrondissement et consultable sur le site internet d’AlterGo
- Efficacité et souplesse indépendamment des structures existantes
- Une implication plus globale de la ville au niveau politique
- Continuation du travail qui s’effectue déjà entre arrondissements
- S’interroger sur la disponibilité concernant la participation aux différentes tables et sur le risque de dédoublement des tables déjà existantes
- Constance et maintien d’événements à caractère métropolitain : organiser un colloque annuel pour maintenir une harmonisation
- S’assurer que les personnes en perte d’autonomie soient représentées
- Développer un bon réseau de communication simple et efficace représentant l’ensemble des arrondissements

Les besoins et les attentes en concertation des organismes
Cadre de l’offre de services
- Champ d’harmonisation des services pour les besoins des personnes handicapées
- Que la spécificité des personnes handicapées soit reconnue – répartition de la clientèle sur l’ensemble du territoire de façon inégale
- Ouverture et encouragement à une collaboration et soutien inter-arrondissements offert aux organismes de personnes handicapées de la part de la Ville
- Cohérence dans l’offre des services entre arrondissements: une politique commune serait idéale
- L’équité financière dans les subventions allouées et dans le soutien au développement des services
- Que les organismes soient soutenus par les arrondissements (la volonté de le faire doit rester)
- L’équité dans l’accès des services offerts aux citoyens handicapés partout dans la Ville
- Mise en commun des ressources entre organismes, entre arrondissements et entre ces deux acteurs
- Que les règles du jeu pour l’obtention de services ou de soutien dans les arrondissements et aux services corporatifs soient connues
- Une action concertée (entre milieu et municipalité)
- Qu’il y ait un mode de concertation global pour l’ensemble du territoire de la Ville
- Présence d’interlocuteurs «ville » et «milieu » pour développer les services
- Identification de mesures adaptées à la réalité des personnes handicapées.
Cadre architectural
- Que l’accessibilité universelle soit la cible de performance pour le développement des services, des installations et des bâtiments
Cadre humain
- Sensibilisation du personnel aux besoins des personnes handicapées afin d’accroître la qualité des services
- Formation du personnel
- Reconnaissance des besoins de chacune des clientèles de personnes handicapées
- Identification et reconnaissance des expertises de chacun (organismes – ville)
Cadre de l’information
- Que les outils de communication utilisés pour rejoindre les citoyens tiennent compte des besoins de toutes les personnes handicapées
- Que l’on informe les citoyens handicapés des services adaptés
- Clarification des règles et des procédures à suivre pour l’obtention de soutien (pour chacun des 27 arrondissements)
- Que les arrondissements et les organismes échangent entre eux

Les besoins et les attentes en concertation des services municipaux
Cadre de l’offre de services
- Champ d’harmonisation des services des arrondissements
- Harmonisation des normes minimales de soutien, basée sur un partage du savoir et des connaissances entre la Ville et organisations de personnes handicapées et leurs besoins
- Adaptation et utilisation d’indicateurs de mesure - pour l’obtention de services et de soutien dans les arrondissements - qui tiennent compte de la réalité des personnes handicapées
- Mise en commun des ressources entre organismes, entre arrondissements et entre ces deux acteurs
- Identification, reconnaissance et mise en commun de l’expertise
- Favoriser la complémentarité des services
- Présence d’interlocuteurs « Ville » et «milieu» pour développer les services
- Création de mécanismes inter-arrondissements pour stimuler l’accès et le développement de services
- Une action concertée (entre milieu et municipalité)
- Qu’il y ait un mode de concertation global pour l’ensemble du territoire de la Ville
- Maintien et développement d’une concertation de direction et d’opérations
- Que les organismes de loisirs de personnes handicapées partagent leur expertise et participent à la vie communautaire de l’arrondissement
Cadre humain
- Valoriser la proximité et la collaboration avec le milieu
- Connaissance des organismes et de leurs besoins : qu’ils se fassent connaître et reconnaître auprès des arrondissements
Cadre de l’information
- Que les arrondissements et les organismes échangent entre eux
N.B.
- Les éléments décrits sont le fruit d’une rencontre type « remue-méninge » tenue avec les membres des deux tables de concertation du loisir des personnes handicapées - au sujet des enjeux de la concertation à Montréal- le 22 novembre 2002 où participaient 21 personnes.

Documentation
(Tous les liens ci-haut pointent vers des documents en format Word sauf si mentionné autrement)
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