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Accompagnement en loisir : l’urgence d’agir pour les arrondissements

Aux président-es et directeurs/trices de loisirs d’arrondissements,

(N.D.L.R.) AlterGo faisait parvenir récemment aux présidents et directeurs de loisir des arrondissements une lettre dans laquelle il sollicitait la collaboration des 27 arrondissements pour la mise en place d’un nouveau programme d’accès aux camps de jour de Montréal pour les enfants ayant une déficience, dès 2004.

Regroupant quelque 85 organisations préoccupées par le loisir des personnes handicapées à Montréal, AlterGo a pour mission de faciliter l’intégration sociale de l’ensemble des personnes vivant avec une déficience par l’abolition de contraintes d’accès au loisir. Il coordonne aussi, en partenariat avec l’URLS de Montréal (Unité régionale de sport et loisir), le Programme d’accompagnement en loisir du Secrétariat au loisir au sport (SLS).

Des besoins grandissants

Montréal a connu, en 2003, une année record quant au montant demandé par les organismes de loisir partenaires de la Ville et des arrondissements pour offrir des services d’accompagnement aux personnes ayant une déficience.

Les demandes globales des 85 organismes de loisir et arrondissements ont totalisé 1,2 million $. Vous êtes sans doute au courant que le budget actuel de 300 000 $ du SLS est loin de répondre aux besoins exprimés par les personnes handicapées par l’intermédiaire des dispensateurs de services de loisir. En fait, il n’a répondu qu’à 25% des demandes cette année.

Dans l’état actuel des choses, la situation est préoccupante. Bon nombre de vos organisations de loisir participant au programme remettent en question leur implication devant le peu de soutien financier qu’elles obtiennent.

Un programme populaire

D’année en année, la popularité du programme, loin de diminuer, ne cesse de croître, et ce, pour différentes raisons. Le programme…

« Grâce à l’accompagnement en loisir, Francis, qui a un retard au niveau du langage et au niveau intellectuel, a intégré un groupe régulier au cours de l’été. Ce fut le prolongement d’une démarche d’intégration initiée dans le milieu scolaire.» Danielle, maman de Francis.

  • facilite l’intégration sociale de la personne vivant avec une déficience par la pratique de loisir
  • fait vivre une expérience humaine enrichissante aux personnes ayant une déficience et aux autres participants favorise le maintien de la personne dans la communauté
  • sensibilise la population à la différence (on les voit comme des citoyens à part entière)
  • sensibilise et responsabilise les dispensateurs de services de loisir à une clientèle ayant des besoins spécifiques
  • fait tomber les préjugés
  • s’avère une solution au casse-tête annuel des parents quand vient le temps de planifier les vacances de leur enfant vivant avec une déficience.

Malgré les bienfaits d’un tel programme, vous comprendrez facilement qu’il y a beaucoup d’inquiétudes dans l’air présentement, et ce, tant des familles de personnes handicapées que des organisations de loisir, qui ouvrent grandes leurs portes pour accueillir les enfants et les adultes vivant avec une déficience. Pour plusieurs centaines de citoyens montréalais vivant avec une déficience, cela veut dire : « pas d’accompagnateur, pas de loisir ».

Le loisir et la responsabilité municipale

Pourquoi « interpeller » les directeurs et directrices de loisir et les président-es sur un programme du gouvernement provincial ? Parce que la prestation de services de loisir, c’est avant tout une responsabilité municipale, par l’intermédiaire des arrondissements. Par conséquent, l’accompagnement en loisir – qui est une mesure de soutien aux personnes handicapées visant à favoriser leur accès aux activités de loisir – est aussi une responsabilité municipale.

Sous l’initiative du milieu des personnes handicapées, de nombreuses démarches ont été entreprises au cours des dernières années afin que des fonds nouveaux soient ajoutés au budget. Le résultat a été que le budget est passé de 680 000 $ à 1,3 M$ pour l’ensemble du Québec. Au cours de la dernière année particulièrement, des membres du comité exécutif et le maire de Montréal ont été rencontrés pour les informer de la situation et, surtout, des conséquences désastreuses qu’engendre le manque de financement.

Tradition de partenariat

Il existe une longue tradition de concertation entre les arrondissements (ex-villes) de Montréal et le milieu du loisir des personnes handicapées. Pour faire face aux nouveaux défis et enjeux engendrés par la réorganisation municipale, diverses rencontres entre le milieu du loisir des personnes handicapées et les représentants municipaux ont eu lieu au cours des deux dernières années afin de faire de Montréal une ville plus humaine, plus accessible et sans limite pour les personnes vivant avec une déficience.

« Le principal objectif que je m’étais fixé par l’intégration dans les loisirs était que mon enfant apprenne à vivre en société et par le fait même, la société avec elle.» Marie-Pierre, mère d’une enfant multihandicapée

 

Le développement, ces dernières années, du programme d’accompagnement en loisir à Montréal s’est avéré un modèle de collaboration et de concertation exemplaire auquel ont participé différents partenaires tels les arrondissements, les organismes de loisir partenaires de la Ville de Montréal, l’URLS de Montréal, l’Office des personnes handicapées, le SLS, les centres de réadaptation, les CLSC, les familles, les personnes handicapées et AlterGo.

Enfin, soulignons qu’AlterGo, en partenariat avec la Ville de Montréal, a instauré depuis quatre ans une formation destinée aux accompagnateurs et animateurs qui accueillent les enfants ayant une déficience dans les camps de jour de Montréal. Cette formation, qui vise à faciliter l’intégration et la participation de ces jeunes aux programmes de loisir, a rejoint 703 accompagnateurs et animateurs en 2003.

Recommandations aux arrondissements :

Nouveau programme d’accès aux camps de jour de Montréal pour les enfants ayant une déficience

C’est dans ce contexte historique de partenariat et à l’heure où le milieu se concerte pour élaborer une politique montréalaise du loisir et du sport qu’AlterGo sollicite votre collaboration pour mettre en place un nouveau programme d’accès aux camps de jour pour les enfants ayant une déficience pour l’été 2004.

Sans aller dans les détails sur les modalités de fonctionnement, ce programme consiste, pour chacun des arrondissements, à financer les coûts engendrés par l’embauche des accompagnateurs, qui auront pour tâche de faciliter l’intégration et la participation des enfants ayant une déficience aux activités de loisir des camps de jour situés sur votre territoire.

Un contexte favorable

Nous croyons que le contexte est propice pour que les arrondissements posent un geste significatif visant à faciliter l’accès aux camps de jour des enfants ayant une déficience. Voici trois éléments favorables à l’implantation d’un tel programme :

Les demandes [grandissantes acheminées à AlterGo au cours des dernières années] permettent de mesurer l’ampleur des besoins et l’urgence d’agir. AlterGo offre toute sa collaboration à la réalisation du projet. N’hésitez à communiquer avec nous.

Tout en vous remerciant de l’attention particulière que vous porterez à notre demande, recevez, Mesdames les présidentes et directrices de loisir, Messieurs les présidents et directeurs de loisir, nos salutations les plus cordiales.

La directrice générale d’AlterGo,

Monique Lefebvre